LVMH s'offre Bulgari

Le groupe LVMH de l'homme d'affaires Bernard Arnault s'est offert le joaillier italien Bulgari, une opération amicale destinée à se positionner en véritable concurrent des grands du secteur et à montrer qu'il peut s'entendre avec une famille sur fond de guerre avec Hermès.

Bulgari, maison fondée en 1884 et basée à Rome, a été créée par une famille d'orfèvres grecs émigrés en Italie. C'est l'un des grands noms de la joaillerie-horlogerie (66% de son activité) dans le monde. Selon des sources concordantes, "beaucoup d'acteurs du luxe étaient intéressés par la griffe italienne", dont le groupe suisse Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels ou Mont Blanc), et le groupe français PPR (Boucheron, Gucci etc.). Cette acquisition, soulignent les analystes, permet au géant mondial du luxe de doubler son chiffre d'affaires dans l'activité joaillerie-horlogerie en 2011 qui pourrait atteindre 1,8 milliard d'euros contre 985 millions en 2010. Elle représenterait alors 8,5% du total des activités du groupe, contre 4,85% actuellement.

"Avec Bulgari, nous allons pouvoir devenir un véritable challenger de Cartier", a indiqué une source proche du dossier, évoquant une "opportunité rare et stratégique". LVMH, qui détient déjà Chaumet, Fred et est à 50/50 avec le sud-africain De Beers dans ses boutiques, nourrit de fortes ambitions dans la joaillerie, après l'horlogerie (Tag Heuer, Hublot, etc).

François Arpels, de la banque d'affaires Bryan Garnier, juge que "LVMH n'avait pas pour l'instant de véritable marque ayant un rayonnement international" dans la joaillerie, qui avec l'horlogerie, est un secteur du luxe où "les marges sont les plus importantes". Dans le même esprit, Louis Vuitton va ouvrir en novembre, place Vendôme à Paris, temple de la haute joaillerie, son premier atelier du genre au-dessus d'un magasin où aucun sac à main ne sera vendu.

L'annonce de la reprise de Bulgari a été faite après accord des héritiers du fondateur Sotirio Bulgari, ce week-end, et le feu vert du conseil d'administration de LVMH. L'opération tranche avec le précédent "coup" de Bernard Arnault, le rachat en catimini de 20% du capital du sellier Hermès, qui a provoqué la colère de la famille.

Pour Bulgari, Bernard Arnault a choisi la méthode de l'échange d'actions, assortie d'une OPA pour les actionnaires minoritaires, le groupe italien étant coté en Bourse. En échange de ses 51% du capital de Bulgari, la famille Bulgari obtient 16 millions d'actions nouvelles de LVMH, soit 3,5% du capital, devenant le deuxième actionnaire familial du groupe.

Pour les actionnaires minoritaires, LVMH va lancer une OPA au prix très attractif de 12,25 euros par action, soit 63% de plus que le cours de bourse de vendredi dernier (7,50 euros), une "prime élevée", pour certains analystes, qui s'explique par l'intérêt pour la griffe, mais un prix "sans importance", dit une source proche du dossier, "à moyen et long terme". La valorisation de Bulgari ressort à 3,7 milliards d'euros. L'actuel directeur exécutif de Bulgari, Francesco Trapani, entre au comité exécutif de LVMH, où il va diriger l'ensemble du pôle montres et joaillerie. "C'est un deal gagnant-gagnant", selon une source proche du groupe français, "parce que l'opération est totalement amicale, que la famille s'associe à LVMH et qu'elle a envie de travailler avec Bernard Arnault".

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(Le 08 mars 2011)




Le défilé McQueen et les rumeurs sur la robe de mariée de Kate Middleton

La directrice artistique de la maison, Sarah Burton, présentait mardi sa deuxième collection après le suicide du fondateur de la marque l'an dernier. Bien que la maison ait démenti dimanche avoir reçu une commande pour le mariage de la roturière avec le prince William, deuxième dans l'ordre de succession au trône d'Angleterre, prévu fin avril, les rumeurs s'accélèrent néanmoins dans la fashion sphère. Une partie du public de "happy few" conviés mardi pour le défilé dans la cave voûtée de la Conciergerie à Paris s'est d'ailleurs livré à un petit jeu: Imaginer Kate Middleton dans l'une des deux robes de mariée clôturant le show.

Les deux robes de mariée proposent la même structure près du corps, découvrant les bras et les épaules pour remonter sur le cou. Sous les hanches, l'une s'évase avec des plissés de tissu recouvert de plumetis qui forment un carré, comme les robes des Ménines de Velazquez. L'autre s'épanouit en organza découpé, créant sur la jupe des méandres tourmentés se prolongeant en traîne...

Le reste du défilé, le soir notamment, montre des robes de rêves qui évoque plus la Haute Couture que le prêt à porter, fut-il de luxe. Certaines s'évasent au niveau de la jupe, façon crinoline souple, d'autres se structurent en souplesse sur des couches superposées d'organza déchiré, offrant un mouvement irréel. Porté sur des sandales ultra-compensées, ce bustier lilas clouté, recouvert d'un harnais, présente une taille fine qui contraste avec l'arrondi des hanches et surtout un faux-cul bombé.

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(Le 08 mars 2011)




Pour Jean-Paul Gaultier, le couturier John Galliano n'est "pas un raciste"

John Galliano a montré dans son travail qu'il n'était pas un "raciste, mais tout le contraire", a affirmé samedi soir le couturier Jean-Paul Gaultier en coulisses de son défilé de prêt-à-porter.

John Galliano a été remercié par Dior, dont il était le directeur artistique depuis quinze ans, après avoir été accusé de propos racistes et antisémites et avoir été vu ivre, dans une vidéo circulant sur internet, déclarer son admiration pour Hitler.

"C'est très triste, car c'est un talent énorme", a déclaré M. Gaultier à quelques journalistes. "Tout ce qu'il a fait ne montre pas quelqu'un de raciste, mais tout le contraire", a-t-il ajouté, faisant référence aux nombreuses collections du couturier britannique inspirées des quatre coins du monde.

Evoquant la vidéo, M. Gaultier a estimé qu'"avec des enregistrements, on peut faire dire des choses aux gens qu'ils ne disent pas". "Il a prononcé certains mots, mais dans quel contexte' La personne (qui lui parle) a l'air très assuré, sachant très bien ce qu'elle fait, elle", a-t-il ajouté.

"C'est très triste pour lui. C'est une espèce de destruction" car c'est principalement à "lui-même" qu'il "fait du mal", a-t-il ajouté, en espérant qu'il "revienne" à la mode et "qu'il trouve une paix intérieure".

Interrogé sur sa façon de résister aux pressions du métier, le couturier, célèbre pour son énergie débordante et joyeuse, a répondu qu'il était important de ne pas fréquenter que des gens dans le "cercle de la mode". Mais surtout, "je suis un bourreau de travail, ça préserve. Je suis parti de rien et ma préoccupation c'est seulement de faire, de sortir des collections", a-t-il ajouté, en allusion à ses origines modestes.

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(Le 05 mars 2011)




Le défilé "anti-jeunisme" de Jean Paul Gaultier

La comédienne Valérie Lemercier, apparue avec une énorme coiffure gonflée, était en vedette du défilé Jean Paul Gaultier, qui a créé une collection "anti-jeunisme" pour des femmes "qui ne veulent pas ressembler à leurs filles de 20 ans", a raconté à l'afp le couturier en coulisses.

Travaillant sur des "clichés d'élégance un peu passéistes", avec une bande-son datée des années 1960 mixant la voix de Delphine Seyrig, il a souhaité "redessiner une image dans les mémoires avec des matériaux et des effets d'aujourd'hui". Usant de trompe-l'oeil et de superpositions de vêtements, il a décidé, pour une fois, de "ne pas montrer le corps". Et de brouiller la ligne entre les tenues de jour et celles réservées au soir. Seyrig, dont on entendait sur scène le dialogue avec Jean-Pierre Léaud dans le magasin de chaussures du film "Baisers volés" de François Truffaut, est l'archétype de la "femme sensuelle, séduisante qui n'est pas une gamine, c'est exactement la femme que je veux montrer".

Valérie Lemercier représente à ses yeux "la Parisienne fofolle et légère en apparence, qui donne cette impression de facilité et de joie".

Les mannequins, coiffées de chignons volumineux souvent gris, se dévêtaient lentement en défilant sur le podium, pour jeter au pied des photographes un foulard ou une veste, avant de repartir avec la scène en modifiant leur tenue.

Certaines revenaient le manteau sur l'épaule, ou sous le bras, pour révéler un tailleur ou une robe en-dessous. D'autres enlevaient une jupe ou un smoking pour revenir en combinaison pantalon soyeuse.

Le jeune mannequin australien Andrej Pejic s'était glissé quasi incognito, tant son physique est androgyne.

Tonie Marshall, Amanda Lear, Arielle Dombasle ou encore l'Américaine Nicole Richie, au premier rang, ont pu admirer la coupe précise des trenchs et autres tailleurs pantalons dans un défilé dominé par les couleurs sombres, à l'exception de chemisiers ou combinaisons en jaune ou rouge vifs.

La collection fait une grande place aux matières brillantes, mais aussi à la fourrure, comme ces doudounes noires sur le buste prolongées de renard autour du col et au niveau de la jupe. Une quarantaine de militants anti-fourrure étaient d'ailleurs rassemblés dans la soirée devant le siège de la maison Gaultier, où se déroulait le défilé, scandant "Gaultier assassin" ou "fourrure ordure". La manifestation, rituelle, est presque devenue une tradition de la Fashion week parisienne.

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(Le 05 mars 2011)




Le PDG de Dior dénonce avant le défilé les propos "intolérables" de Galliano

Le PDG de Dior Couture, Sidney Toledano, a dénoncé vendredi, en introduction du dernier défilé de son directeur artistique, John Galliano, les propos "intolérables" de ce dernier.

"Ce qui nous arrive aujourd'hui est une épreuve", a déclaré M. Toledano qui a pris la parole, fait rarissime, juste avant le début du défilé. "Le fait que le nom de Dior ait pu être mêlé, par l'intermédiaire de son designer, si brillant soit-il, à des propos intolérables nous est très douloureux", a-t-il ajouté.

Le défilé présenté vendredi à Paris est le dernier de M. Galliano qui travaillait pour Dior depuis quinze ans et a été mis à pied mardi après avoir été accusé de propos racistes et antisémites.

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(Le 04 mars 2011)




Karl Lagerfeld "furieux" contre Galliano

Le couturier Karl Lagerfeld a rompu le silence gêné observé par le milieu de la mode face à l'affaire Galliano, se disant "furieux" contre son confrère britannique poursuivi à Paris pour injure raciale, dans un entretien au quotidien américain Women's wear daily. "Je suis furieux, si vous voulez le savoir, furieux que cela ait pu arriver", a déclaré M. Lagerfeld au quotidien américain.

"La question aujourd'hui n'est même plus de savoir ce qu'il a vraiment dit. L'image a fait le tour du monde, c'est une image affreuse de la mode qui laisserait penser que les couturiers et l'ensemble de la mode ressemblent à ça", a-t-il ajouté. Dans le monde des affaires, "surtout à l'heure d'internet, on doit être encore plus prudent, en particulier quand on est une figure publique. On ne peut pas aller dans la rue ivre, il y a des choses qu'on ne peut pas faire", estime-t-il. "Je suis furieux contre lui en raison du tort qu'il fait (au groupe) LVMH et à Bernard Arnault", propriétaire de Dior, ajoute encore M.Lagerfeld.

Plusieurs couturiers, interrogés par l'AFP, n'ont pas souhaité réagir publiquement à l'affaire Galliano. En coulisses de son défilé mercredi, le Belge Dries Van Noten a simplement déclaré à l'AFP: "Je trouve ça très triste et j'espère qu'il va s'en sortir".

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(Le 04 mars 2011)




Galliano, accusé d'insultes antisémites, a porté plainte pour diffamation

"Nous avons livré trois attestations écrites aux policiers, émanant du responsable du restaurant et des deux vigiles du restaurant qui assure que M. Galliano n'a jamais proféré d'insulte antisémite", a expliqué Me Stéphane Zerbib.

Le créateur britannique John Galliano, suspendu par la maison Dior vendredi en raison des accusations d'insultes antisémites lors d'une altercation avec un couple dans un restaurant parisien, a porté plainte vendredi soir pour "diffamation", a-t-on appris auprès de son avocat. "M. Galliano s'est rendu au commissariat du IIIe arrondissement vendredi soir et a porté plainte pour diffamation et injures", a assuré à l'AFP son avocat Me Stéphane Zerbib.

Le célèbre styliste, en état d'ébriété, avait été interpellé jeudi soir à la suite d'une altercation survenue à la terrasse d'un restaurant dans le IIIe arrondissement parisien, avec un couple qui l'accuse d'avoir proféré des insultes antisémites. Le couturier avait été entendu "quelques heures" par la police avant d'être laissé libre "sur instruction du parquet", selon une source policière.

Mais la maison Dior a décidé vendredi de suspendre son créateur à quelques jours de l'ouverture de la "Fashion week", "dans l'attente des résultats de l'enquête", a expliqué le PDG de Dior, Sidney Toledano, dans un communiqué.

Les deux victimes supposées des insultes de John Galliano ont porté plainte au commissariat du IIIe arrondissement, selon une source policière. Le parquet n'a pu confirmer le dépôt de ces deux plaintes.

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(le 25 février 2011)




Maison Martin Margiela et Opening Ceremony collaborent pour l'hiver prochain

Maison Martin Margiela et Opening Ceremony annoncent aujourd’hui leur collaboration pour l’automne/hiver prochain. Pour la première fois depuis son lancement en 1997, la ligne MM6 Maison Martin Margiela présente une capsule,en collaboration avec la boutique new-yorkaise Opening Ceremony. L’idée de récupération, transformation et réinterprétation, l'un des fondements de l’expression créative de la Maison est palpable avec un concept de 3 en 1, chaque pièce de la capsule se sépare pour devenir plurielle. Inspirée par la construction d’une veste à doublure détachable, cette caractéristique décuple la collection de 20 pièces en une multitude de silhouettes possibles. Par exemple, la doublure en nylon beige est boutonnée à l’intérieur d’une veste en cuir matelassé noir. Une fois déboutonnée, elle devient elle-même une veste imperméable.

“J’ai toujours été un fan de MM6 Maison Martin Margiela, pour ses références subtiles à des vêtements du quotidien cristallisant l’essence intellectuelle de la Maison.” précise Humberto Leon, directeur artistique d’Opening Ceremony. “Avec cette capsule, l’idée de transformation et d’utilisations multiples est particulièrement stimulante puisqu’elle est commune à toute la collection.”

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MM6 Maison Martin Margiela La Maison Martin Margiela définit la ligne MM6 Maison Martin Margiela, qui comprend des vêtements, chaussures et accessoires, comme un vestiaire pour le quotidien – contemporain et plus jeune – où les imprimés, les volumes souples et une silhouette décontractée sont mis en avant. Avec souvent une touche d’humour.

OPENING CEREMONY Opening Ceremony comprenant des boutiques, un showroom et une collection en nom propre, basé à Manhattan. Il mélange de jeunes talents américains à des créateurs internationaux émergents ou plus établis. Chaque année, Opening Ceremony met en avant un pays et en explore les différents aspects culturels et les habitudes de consommation. Opening Ceremony s’est également fait connaitre par ses collaborations avec Chloë Sevigny, Spike Jonze, Pendleton, Levi's, Timberland, Keds ou encore Robert Clergerie..

(Le 19 février 2011)




Le Groupe NET-A-PORTER lance son nouveau site : MR PORTER

Le Groupe NET‐A PORTER annonce le lancement officiel, le Mardi 22 Février, de MR PORTER, défini par le groupe comme le premier site global de style dédié aux hommes. Les Membres Fondateurs pourront découvrir le site en exclusivité dès le Vendredi 18 Février. MR PORTER proposera un contenu éditorial et une sélection grandes griffes de mode masculine ( Ralph Lauren, Burberry, Gucci, Lanvin et Bottega Veneta) mais aussi des spécialistes du vestiaire masculin comme John Lobb, E.Tauz et Valextra. Jeremy Langmead est le rédacteur en chef.

Le site se divise en trois sections: un magazine hebdomadaire baptisé « The Journal » dans lequel sont analysés les looks ‘Business’ des hommes à travers le monde. Les conseils gentleman sont prodigués par la rubrique «The Knack» tandis que «Five Ways to Wear» s’intéresse aux différentes manières de porter les essentiels et «Style Portfolio» analyse les tendances en s’appuyant sur les marques présentes dans le site.

La section du site "Style Directory" se concentre sur les difficultés du vestiaire masculin avec «Stylepedia», un glossaire de la mode, de l’Alpaca au Shearling en passant par la hauteur des chaussettes. «Video Manuals» présente des ‘short films’ de personnalités de la mode qui offrent leurs conseils pour les meilleurs looks. «Style Advice» donne les réponses à une douzaine d’énigmes vestimentaires. «Style Council» vous donne accès aux astuces des hommes les plus stylés et influents.

La dernière section, "Wardrobe Manager", comprend «The Essentials» une liste éditée des essentiels de la saison. «Inventory» qui enregistre vos commandes passées et permet de recommander ses modèles préférés. Pour Natalie Massenet, Fondatrice et Présidente du Groupe NET‐A‐PORTER il s'agit ni plus ni moins de " la première destination de style pour l’homme, un mariage entre le contenu éditorial et le commerce en ligne. Elle ajoute : « un site complet, pour hommes de goût, mais aussi un espace où les femmes trouvent l’inspiration lorsqu’elles achètent pour leurs hommes. »

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(Le 18 février 2011)




Marks & Spencer de retour en France

Le groupe de distribution britannique Marks & Spencer va revenir en France à la fin de l'année, sur les Champs-Elysées, dix ans après avoir quitté l'Hexagone, selon le site du journal économique La Tribune.

L'enseigne devrait s'installer au numéro 100, à la place du magasin de vêtements Esprit, selon La Tribune, et reprendra l'ensemble des salariés. "Nous l'avons appris la semaine dernière", indique un salarié cité par le journal.

Le groupe britannique avait décidé en 2001 de fermer ses 38 magasins en Europe continentale. Il avait alors 18 magasins en France, qui employaient 1.700 personnes.

Il faut également noter que les Champs-Elysées attendent d'autres ouvertures importantes dont notamment Banana Republic ainsi que Abercrombie & Fitch et Zara.

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(Le 27 janvier 2011)



Faut-il sauver le "Made in France"?

Hervé Dewintre
Le 20 avril 2010


Au salon made in france, où étaient réunis ce mois-ci les façonniers français, l’ambiance était bien meilleure que lors des sessions précédentes pendant lesquelles les exposants prédisaient leur mort future et inexorable. Cette fois ci, et malgré la quarantaine d'exposants en moins, le moral est revenu. Il faut dire que les politiques semblaient enfin vouloir orienté le regard sur "il faut sauver le soldat made in france". Mouvementé et instructif.


Ca vous intéresse, vous, de savoir où sont fabriqués vos vêtements? Personnellement, il y a quelques années, je m'en fichais éperdument. Maintenant, j'avoue que je fais plus attention à l'étiquette. Est ce que j'aime le made in france? Oui bien sur, c'est un signe de qualité je crois. Lequel ? Ah il y a plusieurs... made in france!? Bon, de toute façon, c'est un peu cher non?

Le salon Made in france, organisé par Eurovet, s'est tenu à Paris le 31 mars et le 1er avril dernier. Quelques 70 exposants représentant la crème des façonniers français se sont réunis à la bourse de commerce pour présenter leur savoir-faire. Leurs noms ne vous dit certainement rien (Belles roches couture, confection de Sully, France Mode etc.) mais les maisons de couture, les créateurs et les grandes marques de luxe les connaissent bien.

Les façonniers français donc. Qui sont ils? que font ils? Je peux juste pour l'instant vous répondre à la question comment sont ils. Peu. Et ça va en diminuant. Ils ne sont plus que 250 en France qui emploient 5 000 personnes, deux fois moins qu’il a dix ans. L’an dernier leurs carnets de commande ont chuté de 25 à 30 %. Ils disparaissent donc. Est ce grave? Je ne sais pas si cela est important pour nous de savoir qu'il existe -ou pas- une fabrication française. Apres tout, ne fabrique t'on pas aussi bien ailleurs et pour moins cher? Quelle est la réponse à votre avis?

Les spécialistes jurent que oui: les façonniers sont garants de la préservation d’un savoir-faire français. Emmanuelle Marty, par exemple est à la tête d’un atelier de prêt-à-porter féminin de 120 personnes, qui produit en partie les collections de Saint-Laurent, Chanel ou Lanvin. J'imagine qu'il y a une bonne raison à cela. Et cette raison c'est la qualité, la proximité, la compréhension des desideratas du studio de création. Ces entreprises sont "à la frontière entre artisanat et industrie" et il existe "une vraie patte française". Et une image aussi. Le label « Made in France » fait vendre et reste synonyme d’un art de vivre dans l’esprit du consommateur. Un art de vivre bien cher (ou en tout cas perçu comme tel) la plupart du temps...

Et pourtant, le coût de la fabrication représente une part relativement faible du prix final de l'article. De plus, il suffit de coudre deux boutons sur une chemise fabriquée en chine pour pouvoir apposer l'étiquette made in france. Un label de qualité clair sur l'origine de chaque poste de la fabrication ne serait-il pas bienvenu? "Trop compliqué, trop ennuyeux" disent certains. Ce serait en tout cas, un bel argument éthique à mettre en avant. C'est l'avis d' Agnès Troublé (fondatrice de la marque Agnès b) qui est venue sur le salon pour lancer un appel aux maisons de luxe pour qu’elles produisent plus en France. Elle constate que les fabricants et leur savoir faire disparaissent parce que les marques cherchent un profit maximum... "Plein de choses ne sont maintenant plus fabricables en France" dit-elle quand on lui demande la raison de son appel. Certaines maisons de luxe (celine par exemple) ont encore réduit leurs commandes ou délocalisé cette année vers l’Italie ou l’Europe centrale. Agnès b tient à donner l'exemple, une fois de plus. C'est pourquoi elle lance une nouvelle griffe qui signalera systématiquement au moyen d'une étiquette dans l'encolure: "Fabriqué en France".

D'autres créateurs aussi ont fait le déplacement sur le salon Made in France. Pas pour parler politique mais simplement pour voir leurs fournisseurs. Pour eux, la question de fabriquer ou non en France ne se pose même pas. Eternellement beau, Alain Gossuin, après avoir été top model dans les années 90, est aujourd'hui à la tête d'une marque de pap masculin de luxe qui porte son nom. Le croiser ici persuade définitivement que sa marque n'est pas un coup marketing (un nom connu plaqué sur une marque de pap quelconque) mais un vrai concept, une vraie maison. Chantal Thomass est un vrai symbole du luxe français. Apprendre qu'elle est une habituée du salon n'a donc finalement rien d'étonnant.

Ségolène Royal arrive. C'est la cohue. Les cameras et les journalistes sortent de terre pour se jeter sur elle. La présidente de la région Poitou-Charentes vient rendre visite aux exposants de sa région. Ils ont justement bénéficié d'une aide pour participer au salon. "C'est la première fois que les politiques s'occupent de nous "s'étonnera Emmanuelle Marty. Christian Estrosi aussi a fait le déplacement. La cohue est moindre pour lui que pour l'ex candidate à la présidentielle et pourtant le ministre vient annoncer q'une charte de bonne conduite entre les maisons de luxe et leurs fournisseurs va être signée. L’objectif de la charte est de rapprocher les sous-traitants des donneurs d’ordre et de lutter contre les délocalisations de plus en plus fréquentes des façonniers, surtout depuis la crise. Parmi les priorités, la charte préconise le partage de la valeur ajoutée. "En clair, résume un habitué du salon, sur une chemise qui coûte 100 euros, la fabrication aura coûté quoi...5 euros max. Le partage de la valeur ajoutée c'est peut-être, quand on est une marque de luxe, donner plus aux fabricants français, en sachant que, de toute façon, commander aux chinois, avec le pourcentage élevé de malfaçon, le coût du transport, les incompréhensions avec le bureau de style peuvent coûter très cher aussi". Fabriqué en chine, une fausse économie?

Le meilleur moment de cette première journée de salon. Intitulée "toutes les bonnes raisons de s'habiller made in france", une conférence réunissait, sous la houlette de Dominique Cuvillier, un grand spécialiste des tendances, des représentants du savoir-faire et de la création. Avec parfois des points de vues diamétralement opposées et qui pourtant, semblent se justifier l'un et l'autre. Jean Marc Gaucher, président de Repetto, livre une synthèse fulgurante de sa vision d'entrepreneur et explique comment il a réussi à redresser Repetto en un temps record. Il est catégorique: "les aides, pas question! Il faut entreprendre. La recette du succès: raconter une histoire et enchaîner les séries limitées. Les femmes sont prêtes à acheter une chaussure qui n'est pas à leur taille à partir du moment où elle l'achète avant tout le monde. Cela suppose un atelier de fabrication proche du lieu de conception".

Cela semble si simple. "Les aides sont indispensables pour les jeunes créateurs qui se lancent et qui n'ont pas de structures" nuance Christine Walter Bonini, directrice général du groupe Esmod international. Le créateur Hannoh s'emporte presque: il passe bien après les grandes maisons auprès des façonniers. Raison pour laquelle il préfère travailler ailleurs qu'en France. Un façonnier lui jure sur l'honneur que non, il s'adapte à tous les clients et qu'on ne peut pas reprocher à sa profession de ne pas évoluer vers la création -pour répondre à Donald Potard (ex PDG de la maison Jean Paul Gaulthier et désormais fondateur de l'agence Agent de luxe) qui propose aux façonniers de devenir leur propre marque et de faire appel aux créateurs.

Communiquer, c'est ce que L'IFM propose aux façonniers. Ca semble simple mais ce n'est pas leur métier. De plus les façonniers ne peuvent pas en général montrer ce qu'ils fabriquent pour les grandes marques puisque celles-ci veulent préserver le secret. Alors dans ce cas, comment développer une valeur ajoutée créative? L'IFM a réalisé un shooting en mettant en relation des créateurs et des façonniers. On est loin des modèles hors mode que ceux ci ont l'habitude de présenter sur les salons. Une piste à explorer.



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